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    2/25/2008

    un peu d'histoire

    À la mort d'Henri Ier en 1135, Étienne de Blois la déposséda de son héritage en usurpant à sa place le trône d'Angleterre. Cet événement engendra une guerre civile en Angleterre qui fut appelée « l'Anarchie ».

    Sommaire

    1 Impératrice du Saint Empire

    2 Alliance avec les Plantagenêt

    3 Lutte pour le trône d'Angleterre

    3.1 L'usurpation d'Étienne de Blois

    3.2 Capture du roi

    3.3 Fin du conflit

    4 Fin de vie

    5 Mariages et descendance

    Impératrice du Saint Empire

    Portrait imaginaire de Mathilde l'Emperesse

    Elle reçoit comme prénom de baptême Adélaïde, mais prend celui de Mathilde (ou Maud) à son départ d'Angleterre. Dès l'âge de 7 ans, elle est en effet fiancée à Henri V du Saint-Empire (1081-1125), futur empereur romain germanique. C'est une alliance politique importante pour Henri Ier, preuve en est la dot de 10 000 marcs d'argent qu'il offre, car elle lui permet de gagner un allié contre le roi de France.

    En mars 1111, son père et sa mère se rendent à Rome afin d'assister le 13 avril suivant au couronnement de leur futur gendre par le pape Pascal II. Après leur retour, elle est alors envoyée à la cour germanique pour y être éduquée par Bruno de Bretten, l'archevêque de Trèves. Le 7 janvier 1114, Mathilde et Henri se marient à Mayence.

    Mathilde est une emperesse impliquée, elle est témoin de nombreux actes juridiques de son mari, agit comme régent titulaire en Italie entre 1118 et 1119, et correspond avec son père.

    Elle devient veuve en 1125, mais gardera toute sa vie le titre d' « Impératrice » ou « Emperesse ». Son mariage n'ayant pas engendré de descendance, elle revient en Normandie, puis en Angleterre, car un autre rôle politique l'attend.

    Son frère Guillaume Adelin étant décédé le 25 novembre 1120 lors du naufrage de la Blanche-Nef, Mathilde est la seule héritière légitime au trône d'Angleterre. Henri Ier s'est remarié en 1121, mais après 5 ans d'un mariage infructueux, la naissance d'un héritier est très improbable. Robert de Gloucester, l'aîné de ses bâtards, a l'étoffe d'un roi, mais il lui manque la légitimité, ce qui l'exclut de la succession. Comblé par les faveurs royales, Étienne de Blois, bien que petit-fils de Guillaume le Conquérant par sa mère Adèle était vu par le roi comme un simple appui pour son successeur.

    Le choix de sa fille pour lui succéder était la seule solution pour que sa lignée subsiste sur le trône. Sa décision fut facilitée par les aptitudes qu'il avait pu déceler chez elle, comme son expérience de la gestion des affaires publiques. Son éducation lui avait permis de développer un caractère volontaire, un esprit indépendant, et une confiance en soi suffisante, peut-être excessive, pour agir en dehors de toute influence néfaste.

    Le 1er janvier 1127, son père demande à tous les barons anglais, y compris son cousin Étienne de Blois, de prêter serment et de reconnaître sa fille comme héritière et successeur. Il exigera d'autres serments d'allégeance à Mathilde (et à elle seule) en 1131 et 1133.

    Alliance avec les Plantagenêt

    Avant sa mort, Guillaume Adelin avait épousé une fille de Foulque V d'Anjou. Henri Ier, étant toujours décidé à faire entrer le Maine et l'Anjou dans sa sphère d'influence, arrange un autre mariage avec Geoffroy, fils de Foulque V.

    Le 17 juin 1128 au Mans, elle épouse Geoffroy (1113-1151), surnommé Plantagenêt, de onze ans son cadet. Il devient comte d'Anjou à l'issue de la cérémonie, son père partant immédiatement pour Jérusalem épouser Mélisende, héritière du Royaume de Jérusalem.

    Les situations des deux royaumes se ressemblent, cependant les arrangements pour assurer leurs successions sont différentes. Foulque d'Anjou devient roi de Jérusalem et gouverne de concert avec sa reine, alors que Geoffroy n'a pas le même statut, les serments d'allégeance des barons, même après le mariage, étant réservé à Mathilde seule.

    Malgré l'urgence de concevoir un petit-fils pour Henri Ier, ils vivent séparés pendant deux ans. En 1131, ils se réconcilient et leur premier enfant Henri naît le 5 mars 1133. Geoffroy (1134) et Guillaume (1136) suivront.

    Mathilde passe son temps à Rouen avec son père, s'initiant au gouvernement de l'administration normande. Pendant ce même temps, Henri Ier refuse de donner la moindre influence à son gendre en Normandie. Quand il meurt le 1er décembre 1135, Mathilde et son mari se trouvent en Anjou.

    Lutte pour le trône d'Angleterre

    L'usurpation d'Étienne de Blois

    À la mort de son père, il est attendu que Mathilde lui succède, mais très peu de seigneurs anglo-normands désirent être gouvernés par Mathilde et son mari angevin. Prévenu de la mort du roi par son frère Henri, l'évêque de Winchester, son cousin Étienne de Blois rejoint au plus vite Winchester et s'empare du trésor royal. Le 22 décembre 1135, il se fait couronner, reniant ainsi les serments faits précédemment.

    Cinq mois après son couronnement, tous les barons anglo-normands sauf un l'ont reconnu pour roi, y compris ceux avec qui elle avait forgé de forts liens politiques (Robert de Gloucester, Brian FitzCount). Elle ne peut rien faire pour renverser la situation, Étienne étant aussi accepté par le clergé anglais, et Geoffroy ayant peu d'intérêt pour l'Angleterre, son but principal étant d'annexer la Normandie.

    Néanmoins, les piètres qualités de souverain d'Étienne permettent aux prétentions de Mathilde de survivre. L'échec du roi à s'assurer un contrôle total de la Normandie en 1137 ouvre à Mathilde une voie pour lui contester le trône.En 1138, tandis que Geoffroy envahit la Normandie, David Ier d'Écosse, son cousin, envahit le nord de l'Angleterre et Robert de Gloucester, son demi-frère bâtard, déclenche la rébellion dans l'ouest du pays. Ces événements sont le commencement effectif de la guerre civile qui est appelée « l'Anarchie ».

    capture du roi

    Capture du roi

    En septembre 1139, Mathilde débarque en Angleterre. Dans un incroyable esprit chevaleresque, Étienne la fait escorter jusqu'à Bristol. Forte du soutien de quelques barons mécontents de la faiblesse du roi, elle a la confiance de l'Église qu'Étienne a gravement contrariée. Elle prend rapidement le contrôle d'une grande partie de l'ouest de l'Angleterre, et établit sa cour à Oxford. Elle récompense ses soutiens par des honneurs et des terres[1], et les barons du royaume changent de camp au gré de leurs intérêts. Robert de Gloucester est le leader charismatique des troupes et du parti de Mathilde.

    Portrait de Mathilde dans Histoire d'Angleterre des moines de Saint Albans (XVe siècle)

    En février 1141, intervient le plus grand succès de Mathilde. À la bataille de Lincoln, Étienne est battu et capturé, puis déposé et enfin emprisonné à Bristol. Elle se trouve en position de force dans le royaume, et le 3 mars, elle se proclame Domina Anglorum, « Dame des Anglais », avec l'accord de l'évêque de Winchester Henri de Blois, légat papal et propre frère d'Étienne. Le parti d'Étienne se défait, la Normandie se laisse conquérir par Geoffroy, qui s'empare du duché à part quelques poches de résistance qui seront éliminées en 1144.

    Le 8 avril, elle est proclamée Angliae Normanniaeque domina, « Dame des Anglais et des Normands », au concile de Winchester, mais l'assistance est faible. L'assemblée est même perturbée par des supporters d'Étienne ralliés par Mathilde de Boulogne, sa femme. Bien qu'elle contrôle dorénavant le royaume, elle n'est pas encore couronnée. Son soutien militaire est faible, et elle n'est pas capable d'obtenir la reddition des garnisons qui contrôlent les châteaux de Wallingford et Windsor, ce qui rend son trajet jusqu'à Londres périlleux. Le Kent et Londres étant aux mains des royalistes, elle est obligée d'acheter le soutien de Geoffrey de Mandeville, gardien de la Tour de Londres. Cela lui permet de s'installer temporairement à Westminster en juin 1141, afin de s'y faire couronner reine.

    Entrée dans Londres le 24 juin, son séjour y est court et houleux. Son attitude arrogante et despotique rend furieux les Londoniens. Elle arrive même à se fâcher avec Henri de Blois dont le soutien est pourtant capital. Après avoir menacé Londres d'une levée de lourds impôts, les Londoniens attaquent Westminster la forçant à quitter la ville en catastrophe et à se replier sur Oxford, devant le soulèvement de la population.Les Londoniens ne tardent pas à accueillir l'autre Mathilde (de Boulogne), la femme d'Étienne, qui a pris la tête du parti de son mari.

    fin du conflit

    Fin du conflit

    L'évêque Henri de Blois décide une nouvelle fois de changer de camp et rejoint le parti de son frère. Mathilde se rend à Winchester pour le forcer à lui faire allégeance à nouveau. Mathilde de Boulogne et Guillaume d'Ypres, capitaine de son armée, y voient une opportunité de reprendre l'avantage. Ils assiègent les troupes de l'Emperesse à l'intérieur de la ville. S'ensuit ce qui est aujourd'hui connu sous le nom de déroute de Winchester. Le 14 septembre, Mathilde réussit à s'enfuir de Winchester grâce à une diversion organisée par Robert de Gloucester. Ses troupes sont mises en déroute, et Robert, qui couvre sa fuite, est capturé à Stockbridge.

    Tout l'avantage gagné à Lincoln a disparu. Les belligérants se mettent d'accord pour un échange de prisonniers. Robert n'est pas roi, mais il est l'âme et le leader charismatique du parti de sa sœur. Il est relâché le 1er novembre, en contrepartie de la libération d'Étienne. Ce dernier retrouve sa place sur le trône, et se fait à nouveau couronner le 25 décembre. La guerre civile peut reprendre de plus belle.

    À l'hiver 1142, Mathilde se trouve assiégée dans le château d'Oxford. Elle ne doit son salut qu'à une fuite ingénieuse et dangereuse. Ses quatre compagnons et elle s'enroulent dans des draps blancs, pour ne pas être repérés, et se font descendre le long du mur du château en pleine nuit, alors qu'une tempête de neige sévit. Ils s'enfuient d'abord à pied dans la neige vers Abingdon, traversant la Tamise gelée, puis à cheval jusqu'à Wallingford.

    Par la suite, elle établit son quartier général à Devizes (Wiltshire). Elle profite des erreurs politiques d'Étienne en accueillant dans son camp Ranulf, comte de Chester en 1146, mais elle est incapable de contrer le contrôle royaliste au nord et à l'est. Ses demandes d'assistance à son mari, qui a pourtant achevé sa conquête de la Normandie en 1144, sont ignorées.

    Fin 1147, son demi-frère Robert, son plus ardent supporter, décède d'une fièvre à Bristol. Quelques mois plus tard, elle se retire en Normandie, laissant son fils Henri poursuivre sa revendication pour lui-même.

    Après des tentatives vaines en 1147 et 1149, il débarque à nouveau en Angleterre, début 1153, avec une puissante armée. À la fin de l'année, après le décès d'Eustache IV de Boulogne, fils et héritier présomptif du roi, les conditions sont réunies pour un traité de paix. Selon les termes de l'accord, Étienne d'Angleterre et Henri se reconnaissent pour père et fils, et il est conclu que ce dernier succédera à Étienne à sa mort.

    Fin de vie

    Elle se retire à Rouen, en Normandie pour le restant de sa vie, tenant sa propre cour. Elle intervient dans les querelles entre ses fils Henri et Geoffroy, mais la paix reste brève entre eux. Geoffroy se rebelle deux fois contre son frère, mais il meurt soudainement en 1158. Les relations entre Henri et son frère Guillaume sont plus cordiales, et ce dernier se voit attribuer de vastes possessions en Angleterre.

    Guillaume, son fils favori, se rend auprès d'elle après que Thomas Becket lui ait refusé son mariage avec Isabelle de Warenne, la comtesse de Surrey. C'est là qu'il meurt en 1164, la laissant dans un grand chagrin. Elle essaye aussi de servir de médiateur entre Henri et Thomas Becket, mais sans succès.

    Mathilde ne fut jamais aimée des Anglais qui la jugèrent trop étrangère et trop hautaine. Elle parlait trois langues : le français, l'allemand et le latin. Bien qu'elle eût espéré se faire couronner en 1141, elle ne fut jamais reine d'Angleterre. Elle est néanmoins reconnue comme ayant été souveraine du royaume entre février et novembre 1141.

    Lorsque le traité de Wallingford fut connu, la rumeur qui circulait depuis plusieurs années en Angleterre, insinuant qu'Étienne était en fait le père biologique d'Henri, fut renforcée.

    Elle meurt à Rouen en 1167, et fut inhumée dans la cathédrale. On pouvait lire sur sa tombe son épitaphe : « Ci-gît la fille, femme, et mère d'Henri ».

    Mariages et descendance

    À Mayence, le 7 janvier 1114, elle épouse Henri V du Saint-Empire (1081-1125), empereur romain germanique dont elle n'a aucune descendance connue.

    En secondes noces le 17 juin 1128 au Mans, elle épouse Geoffroy V le Bel, comte du Maine (1113-1151), dont elle a trois fils :

    Guillaume Plantagenêt (1136-1164), comte du Poitou.

    Légendes

     

     

     

     

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    Depuis plusieurs siècles déjà, des événements bizarres se déroulent à l’abbaye de Mortemer. Durant le 20ème siècle, et aujourd’hui encore, de nombreuses personnes furent témoins de phénomènes étranges. Bruits de pas dans les couloirs déserts, coups sourds incompréhensibles semblant provenir des murs, présence invisible terrifiante, objets se trouvant déplacés inexplicablement… On parle de moines fantômes et d’une dame blanche qui seraient responsables de ces manifestations. Qui sont-ils ? Quelle est leur histoire et pourquoi reviennent-ils parmi les vivants ? Chasseur de l’étrange, j’ai tenté d’y voir un peu plus clair en me rendant à l’abbaye. Enquêtant sur l’histoire de ces ruines, je les ai visitées de façon minutieuse et ai interrogé certains témoins pour tenter de reconstituer les différentes scènes s’étant déroulées dans ce lieu hors du temps. Quel terrible et triste secret se cache à l’ombre de ces pierres plusieurs fois centenaires ? Durant mon séjour, j’ai été confronté à l’irrationnel…

     

     

     

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    Derrière notre prétendue réalité
    Se cachent parfois de bien étranges faits.

    Vision chimérique
    Sortant de l’ombre
    Forme fantomatique
    Surgie d’outre-tombe,
    Voilà ce que peut voir le visiteur téméraire
    Le soir venu, s’il s’aventure à Mortemer.

    Serait-ce le spectre de Mathilde l’"Emperesse"
    Errant dans ces ruines telle une âme en détresse ?

    Quel terrible et triste secret,
    Recèle cet endroit hors du temps ?
    Je vous invite maintenant
    A me suivre et à le percer…

    Depuis plusieurs siècles déjà, des événements bizarres se déroulent à l’abbaye de Mortemer. Durant le 20ème siècle, et aujourd’hui encore, de nombreuses personnes furent témoins de phénomènes étranges. Bruits de pas dans les couloirs déserts, coups sourds incompréhensibles semblant provenir des murs, présence invisible terrifiante, objets se trouvant déplacés inexplicablement… On parle de moines fantômes et d’une dame blanche qui seraient responsables de ces manifestations. Qui sont-ils ? Quelle est leur histoire et pourquoi reviennent-ils parmi les vivants ? Chasseur de l’étrange, j’ai tenté d’y voir un peu plus clair en me rendant à l’abbaye. Enquêtant sur l’histoire de ces ruines, je les ai visitées de façon minutieuse et ai interrogé certains témoins pour tenter de reconstituer les différentes scènes s’étant déroulées dans ce lieu hors du temps. Quel terrible et triste secret se cache à l’ombre de ces pierres plusieurs fois centenaires ? Durant mon séjour, j’ai été confronté à l’irrationnel…

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    Derrière notre prétendue réalité
    Se cachent parfois de bien étranges faits.

    Vision chimérique
    Sortant de l’ombre

     


    Forme fantomatique
    Surgie d’outre-tombe,
    Voilà ce que peut voir le visiteur téméraire
    Le soir venu, s’il s’aventure à Mortemer.       

                                                                      

    Serait-ce le spectre de Mathilde l’"Emperesse"
    Errant dans ces ruines telle une âme en détresse ?

    Quel terrible et triste secret,
    Recèle cet endroit hors du temps ?
    Je vous invite maintenant
    A me suivre et à le percer…

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    A la tombée de la nuit

    "Personne ne reste après la tombée de la nuit…"

    Il existe des lieux comme figés par le temps. L’abbaye de Mortemer, située dans un écrin de verdure au cœur de la Normandie, fait partie de ces endroits intemporels. Mais depuis plusieurs siècles déjà et régulièrement, des phénomènes étranges se déroulent à l’abbaye. Je décide de m’y rendre.

    Prévenue de mon arrivée, la propriétaire m’accueille à l’entrée du parc, en me précisant qu’elle est à mon entière disposition si j’ai besoin de quoi que ce soit. Je peux y rester le temps que je veux, mais cependant, me précise-t-elle, il n’y aura plus personne à la tombée de la nuit. Car ici, les gens quittent l’abbaye de bonne heure. Pourquoi ? Je n’en saurai pas plus pour l’instant mais son silence, lourd de sens, en dit long…

    Devant moi, sur plusieurs hectares, s’étend le domaine de Mortemer. Cette abbaye Cistercienne fondée au 12ème siècle par Henri 1er dit "Beauclerc", 4ème fils de Guillaume le Conquérant, vivait en totale autarcie. Le colombier donnait les pigeons, le vivier les poissons, la vigne le vin de table et de messe, et l’élevage donnait le beurre, le lait et le fromage. Les moines cuisaient eux-mêmes leur pain et leurs hosties.

    Au temps de sa splendeur, le monastère accueillit des rois prestigieux tels Richard Cœur de Lion, Philippe Auguste, Charles le Bel et Saint Louis. Cependant, le temps eut raison de l’abbaye. Elle dépérit pendant le siècle des Lumières jusqu’à s’éteindre tragiquement sous la Révolution, dans un bain de sang.

    L’endroit est calme, trop calme peut être...

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    Il y règne une sérénité étonnante. Et pourtant, les manifestations surnaturelles y sont si fréquentes que plus personne ne veut y loger. À un point tel que le site est devenu un musée des légendes et des fantômes.

    Femmes ensorcelées et ensorcelantes

    Effectivement, de nombreuses légendes entourent Mortemer. Mais n’y a-t-il pas dans chaque légende un fond de vérité ? Où finit la réalité ? Où commence le mythe ? Difficile à dire…

    Je me tiens à l’orée du bois qui borde l’abbaye. Ici, le 1er janvier 1884. Roger Saboureau, métayer de son état, braconnait dans la forêt de Lyons. Il n’était pas rassuré car se sentant épié, surveillé. Instinctivement, il se retourna et se retrouva face à une louve de belle taille. La peur au ventre, il la blessa mortellement et se sauva en abandonnant la bête. Le lendemain à l’aube, au même endroit, on découvrit, baignant dans son sang, le cadavre de sa femme.

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    C’était une "Garrache", dit-on, une femme ensorcelée qui, sous la forme d’une louve, traverse les campagnes et les forêts, les nuits de pleine lune. Elle était condamnée à errer et à tourner chaque nuit sept fois autour de sept villages.

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    Entre ces murs chargés d’histoire, se trouve la source Sainte Catherine. Fontaine d’où coule une eau aux propriétés prodigieuses. Depuis longtemps déjà et de tous horizons, les personnes cherchant l’âme sœur viennent y jeter une épingle à cheveux, et souvent se marient dans l’année. Aujourd’hui encore, comme l’attestent de nombreuses lettres sur place, cette source a gardé son étrange pouvoir et continue de réunir les âmes solitaires à travers le temps… Il arrive parfois que l’on revoit à l’abbaye ces jeunes filles accompagnées de leur nouveau mari…

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    Les moines

    Les moines de Mortum Mare

    Cette fontaine aux vertus prodigieuses est visitée régulièrement par un moine fantôme. Il se matérialise pour venir en aide aux personnes en danger. Durant la seconde guerre mondiale et sous l’occupation allemande, un parachutiste britannique tomba non loin de cette fontaine. Perdu au milieu de la nuit, il ne savait que faire pour rejoindre le réseau de résistance. À sa grande surprise, il aperçut un moine à ses côtés, dans le silence de la nuit. Sans un mot, ce dernier lui fit signe de le suivre et, avant de s’éloigner, le guida non loin de la ferme qu’il devait rejoindre. Quand le soldat anglais évoqua à ses hôtes l’étrange moine qui le conduisit jusqu’ici, un silence angoissant se mit à planer brusquement sur la pièce… Les gens du coin savaient pertinemment qu’il n’y avait plus l’ombre d’un moine depuis la Révolution !

     

     

     

     

     

     

    Non sans une certaine appréhension, je m’apprête à rentrer dans le cellier dont l’histoire est étroitement liée à la disparition de quatre hommes d’église. En effet, à cette époque, ils n’étaient plus que quatre moines à s’occuper de l’abbaye tombant en ruines. Victimes d’une méprise et de la folie des hommes, on les accusa d’affamer le peuple, les pourchassa dans la propriété et les exécuta sans pitié dans le cellier où leur sang se mêla au vin des tonneaux éventrés.

    Depuis, leurs spectres hantent inlassablement le cellier et les ruines de l’abbaye. Pendant la première guerre mondiale, des officiers anglais qui logeaient dans le
    cellier aperçurent quatre ombres vêtues de bures. Ils les décrivirent avec assez de détails pour que l’on fût persuadé qu’ils avaient rencontré les quatre religieux, assassinés depuis longtemps.

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    Encore de nos jours, ces moines fantômes continuent de hanter Mortemer. Beaucoup affirment les avoir aperçus faisant le trajet du cellier au pigeonnier, cellier où règne une atmosphère oppressante. Atmosphère qu’a pu ressentir une jeune femme en octobre 1999. Celle-ci ne put rester plus d’une minute en ce lieu sinistre. Quand ses amis lui demandèrent ce qui se passait, le visage pâle, les jambes chancelantes, elle répondit d’une voie tremblante : "non rien… absolument rien". Elle avoua par la suite avoir éprouvé un mélange d’angoisse, de souffrance, de peur et de tristesse dans cette pièce.

    C’est alors qu’elle apprit ce qui s’y était passé… Étrangement, elle ne fut pas la seule à s’être sentie mal car d’autres régulièrement ont été victimes du cellier. Qui étaient ces moines ? Pourquoi reviennent-ils ? On ne le saura sans doute jamais…

    Peut-être reviennent-ils pour nous révéler l’endroit où se cache leur trésor ? Car quelque part, à l’ombre de ces ruines, reposent leurs richesses accumulées depuis 1134. Ces religieux étaient riches, extrêmement riches. Ils possédaient 5 000 hectares dont ils tiraient leurs revenus, sans oublier les dons qu’on leur faisait. Où se trouve cette fabuleuse fortune ? Il ne serait pas bien difficile de le découvrir. N’oubliez pas que l’abbaye fut construite sur un sol marécageux, d’où l’étymologie de Mortemer, du latin Mortum Mare.

    Il est donc peu probable qu’il ait été enterré ou même dissimulé dans les murs, car les cisterciens étant convaincus que l’édifice serait détruit tôt ou tard. Au 17ème siècle déjà, l’église commença à se détériorer. Cependant, croyez-le ou non, mais peu ont vraiment cherché à savoir où se cache le trésor, car ceux qui ont eu vent de ces richesses savent - oui, ils savent ! - que celui qui le trouverait serait assuré de mourir dans l’année. Mais il est là… et il attend.

     

     

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    un siècle d'histoire

    Un siècle d’histoire… surnaturelle !

    À la fin du 19ème siècle, un bourgeois parisien, M. Delarue, se rendit propriétaire de l’abbaye et emménagea avec sa femme, ses deux filles et son fils. Ils allaient certainement vivre, les années les plus éprouvantes de leur vie.

    Je me trouve face à la chambre rose. Certainement la pièce la plus intrigante de cet endroit. Quel mystère se trouve derrière cette porte close ? Je décide d’en franchir le seuil… À cet instant même, une étrange sensation envahit tout mon être. Il n’y a personne dans cette pièce et pourtant j’ai l’impression de ne pas être seul. Et cette peinture sur le mur, représentant un bébé au regard étrange qui me fixe bizarrement, provoque en moi un sentiment dérangeant. Je constate que je ne suis pas le premier à avoir éprouvé ce même sentiment

    Un soir, une des filles de M. Delarue, s’installa dans la chambre rose que l’on dit hantée. Alors qu’elle écrivait près de la fenêtre, elle ne put s’empêcher de se retourner et de regarder partout autour d’elle. Ne remarquant rien d’inhabituel, elle se replongea dans son travail.

    À peine se remit-elle à écrire qu’à son grand étonnement, elle sursauta une nouvelle fois et une nouvelle fois encore. Après avoir fait le tour de la pièce, elle ne remarqua rien d’étrange. Elle reprit son écriture mais, dans le même temps, se leva d’un bond. Effrayée, elle vit se balancer sa cape d’infirmière, accrochée au mur, avant de chuter sur le sol. Comme si quelqu’un ou quelque chose s’en était agrippé au passage. Mais à part elle, il n’y avait personne d’autre dans la pièce. Elle expliqua plus tard qu’elle eut la curieuse sensation d’être observée.

           

    La fiancée de Charles Delarue, le fils, se rappela toute sa vie de sa terrible nuit dans la chambre rose. Au petit matin, elle avoua avoir passé toute la nuit les pincettes de la cheminée à la main, sans avoir pu fermer l’œil. Bruits incompréhensibles, présence invisible, angoisse… Voici ce que fut sa nuit telle qu’elle l’a décrite.

    Un soir, la sœur de Charles reconduisit une amie. A sa grande surprise, elle aperçut une lumière dans l’ancienne bibliothèque. Cette pièce où plus personne ne mettait les pieds était visiblement occupée. Cependant, quand elle parla autour d’elle de cette énigmatique lumière, tous nièrent avoir pénétré dans la bibliothèque située… à côté de la chambre rose. Personne n’était entré dans la pièce, et pourtant un certain soir une lampe s’y était trouvé allumée.

    Une autre fois, alors que plusieurs jeunes gens et jeunes filles jouaient au ping-pong au rez-de-chaussée, la porte s’ouvrit lentement mais sûrement. La poignée tournait comme maintenue par une main fantôme. Pétrifié d’effroi, un jeune homme eut quand même le courage de s’en approcher et de regarder dans le couloir. Il n’y avait personne mais il sentit un grand souffle d’air glacé lui caresser le visage.

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    Parfois, au lever des habitants, les tableaux du couloir du premier étage étaient retrouvés tournés contre le mur. Parfois reposant à terre sans être abîmés. Quelques fois, à l’aurore, les voitures garées sous la remise étaient recouvertes d’une étrange poussière blanche.

    La famille Delarue quitta la propriété non sans l’avoir faite exorcisée. Les phénomènes ont cessé quelque temps, mais ont repris de plus belle. Ce qui est somme toute assez logique puisqu’un exorciste combat les démons et non les fantômes. Vous pouvez d’ailleurs admirer à l’Abbaye, une statue assez rare d’un prêtre exorciste.

    Depuis maintenant presque quatre décennies, plus personne n’y loge.

    Le dernier occupant en date, un ouvrier agricole travaillant à l’abbaye, entendait toutes les nuits, entre 23h00 et 05h00, des pas provenant de l’étage supérieur. Bien sûr, quand il montait faire une ronde, il n’y avait pas âme qui vive. Un soir, les manifestations se firent plus vives qu’à l’accoutumé. Le lendemain, il quitta définitivement Mortemer. À la question d’un journaliste qui lui demandait pourquoi, il répondit : "Je n’en peux plus".

    Plus récemment, un petit-fils du propriétaire s’intéressant de près au paranormal tenta une expérience. Le soir venu, il ferma toutes les portes de l’abbaye et les scella avec du ruban adhésif. Lui seul avait les clés. Le lendemain matin, il retrouva toutes les portes ouvertes et le ruban adhésif déchiré.

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    Une expérience troublante

     

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    Je décide de prendre l’air et de me promener dans les ruines romantiques de Mortemer. Il est près de minuit et malgré l’heure tardive, mille bruits arrivent à mes oreilles. Chants des oiseaux de nuit, chant du vent soufflant dans les arbres, croassements des grenouilles, l’endroit est vivant. C’est à ce moment précis que cela est arrivé…

    Je me dois de vous dire la vérité, même si celle-ci est difficile à admettre. Les douze coups de minuit sonnaient quand les chants cessèrent. Plus aucun bruit, non absolument plus rien ! Et encore une fois, cette étrange sensation de ne pas être seul. Avec effroi, j’entendis au loin une respiration. Celle-ci s‘amplifiait et se rapprochait… Elle m’entourait et se déplaçait.

    Je regardai autour de moi… personne ! Je ne comprenais pas…

    Je faisais du bruit pour me rassurer et pour éloigner cette chose mais en vain. Cette troublante respiration dura quelques minutes avant de s’éloigner et de mourir parmi les pierres. Au loin, j’entendis un corbeau déchirer la nuit. Les bruits de la nature reprenaient, et je sus qu’à cet instant que je venais de vivre un moment unique. Cela aurait pu être la respiration d’une chouette cachée dans quelques sombres recoins (phénomène possible dans les cas de hantises élucidées) mais non ! Aucune chouette évidemment. De plus, cela ne ressemblait en rien à la respiration d’un tel oiseau. Chose extraordinaire, je me rendis compte en poussant mon enquête et en fouillant dans les archives que je ne fus pas le seul témoin de cette chose.

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    "Vous voyez ce mur, et bien c’était là, juste derrière, dans les ruines de l’église". Tels étaient les mots de Christophe N…, guide saisonnier à l’abbaye. Lors d’une visite de nuit, surgie de nulle part, une respiration se mit à glisser le long des murs. Comme une respiration humaine qui se déplaçait, sauf qu’encore une fois, il n’y avait personne. Peu de temps après, Céline, étudiante, et sa sœur Christel, horticultrice, de passage à l’abbaye, furent témoins du même phénomène. Cela se passait en 1993… Le livre d’or du propriétaire de ces murs renferme une multitude de témoignages de cette nature.

    Qui est donc à l’origine de ces manifestations troublantes et inquiétantes pour celui qui en est le témoin ? Les moines fantômes ? Peut être… Ou, plus vraisemblablement, Mathilde la Dame Blanche. Elle est la plus célèbre occupante de ces lieux à l’écart du monde.

    La Dame Blanche était gantée de noir

    On la surnomme "l'Emperesse" mais, en réalité, elle est Mathilde, petite-fille de Guillaume le Conquérant, épouse de Geoffroy Plantagenet, Duc d’Anjou. Dieu lui permit d'avoir un fils, Henri II Plantagenet, qui deviendra Duc de Normandie, roi d’Angleterre et futur père du célèbre Richard Cœur de Lion.

    Depuis plus de huit siècles, elle erre et se glisse la nuit sur les murailles de l'abbaye. Son ombre se profile inlassablement dans les couloirs, dans les nombreux salons et jusqu'aux étangs voisins.

     

     

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    Mariée dès l’âge de six ans au vieil empereur d'Allemagne, avant d’épouser en secondes noces le duc d’Anjou, elle fut maudite par les traditions. Cloîtrée dans la chambre rose pendant cinq ans par son père qui lui reprochait ses mœurs libérées et sa frivolité, elle est revenue hanter Mortemer après sa mort, victime d’une douloureuse et pénible solitude.

    Depuis, elle occupe ses siècles d'errance à promener sa fragile silhouette dans ces ruines, de préférences les nuits de pleine lune ou toutes les nuits suivant le premier vendredi du mois, entre 1h00 et 2h00 du matin. Seules les personnes sensibles peuvent sentir sa présence. Mais attention, une légende affirme que si vous l’apercevez gantée de noir, vous mourrez dans l'année. En revanche, si elle porte des gants blancs, c'est un signe de naissance ou de mariage…

    Mais surtout, je vous en conjure, ne vous avisez pas de l'approcher car son fantôme s'estomperait, et elle s’en retournerait dans l'autre monde. Toujours est-il que les nuits de pleine lune, les mortels quittent l’endroit de bonne heure.

    À l’aube du 3ème millénaire, elle continue toujours de hanter Mortemer à la recherche du repos éternel…

    Le cliché inexplicable

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    J’ai constitué un épais dossier sur le cas Mortemer que je ne dévoilerai pas ici pour des raisons qui me sont personnelles, mais je vous invite à vous y rendre et à constater par vous-même. Sachez cependant que, durant mon enquête, j’ai rencontré une journaliste dont je tairai l’identité, mais qui a pris un cliché troublant : celui d’une forme féminine spectrale errant dans les ruines. Le cliché ainsi que la pellicule ont été expertisées. Conclusion : cette photo reste un mystère car aucunes traces de trucage ou de retouche n’ont été relevées. J’ai aussi interrogé les gens du coin et plusieurs guides m’ont avoué, à demi-mot, que Mathilde est toujours là et qu’elle protège le lieu. Une certitude cependant : cet endroit fascine toujours autant les hommes. Pour s’en rendre compte, il suffit de constater qu’autour de la propriété, chaque nuit de pleine lune, des curieux se pressent pour espérer mettre un pied de l’autre côté du miroir…

    Autosuggestion ou mystères d’outre-tombe ?

    J’arrive à la fin de mon voyage à Mortemer la mystique, sans avoir vu l’ombre d’un revenant.

    Alors, que doit-on penser de ceux qui affirment avoir aperçu la dame blanche ? N’est-ce pas là une illusion créée par la lune, réfléchissant sa pâle lumière sur la brume au-dessus des étangs ? Et tous ces bruits surgis d’outre-tombe, ne seraient-ils pas le simple craquement des meubles ou le fruit de mon imagination ? Quand bien même, les réponses à ces questions ne seraient nullement un moyen de me rassurer ?

    Car, en toute sincérité, je dois admettre qu’une présence anormale se fait sentir dans la pénombre de ces pierres usées.

    Elle est là… et elle attend !

    Halloween18

    E.F.

    (*) Informations et visites :

    Abbaye de Mortemer
    27440 Lisors
    Tél : 02 32 49 54 34
    Site web : www.abbaye-de-mortemer.fr

    Accueil pour les groupes : sur rendez-vous tous les jours de l'année

    Ouverture du parc, des ruines romantiques et du Colombier :
    Toute l'année de 13h30 à 18h.

    Visite guidée du Musée des Légendes et Fantômes, des pièces meublées et de la Fontaine des Célibataires :

    - Du 1er mai au 1er septembre : tous les jours de 14h à 18h
    - En hiver : samedis, dimanches et jours fériés de 14h à 17h30

    Durée de la visite : 45 mn + 15 mn de promenade autour des étangs (en petit train)

    Fêtes médiévales pendant l'été : voir programme sur le site de l'abbaye

       

     

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